VIOLENCE PARTOUT, JUSTICE NULLE PART

Match tragique à Lyon : un mort à zéro
On ne sait jamais, il en est peut-être parmi vous, qui n’ont pas été éclaboussés (mais où étiez-vous donc, ô bienheureux ?) par le torrent de boue, de brun et de bren, qui se déverse depuis environ un mois, suite à la mort d’un jeune nazillon. Bon, pas question de refaire toute l’histoire, tant sont nombreux déjà ceux qui la refont. Non, juste revenir, non pas sur l’acharnement de la sphère médiatico-politique de droite ou d’extrême droite à dénoncer la prétendue violence de LFI, ainsi que sur son empressement à faire du nazillon en question un petit ange parti trop tôt (c’est leur boulot après tout, et qu’attendre d’autre d’un Retailleau, d’une Ferrari, d’un Bardella, d’un Praud, d’un Nunez, ou d’un Wauquiez?), mais plutôt sur la veulerie avec laquelle la majorité de la social-démocratie, y compris celle qui se prétend de gôche, s’est empressée de jouer les carpettes devant l’extrême droite en mettant à égalité les antifascistes et les fascistes et en pointant « la responsabilité de LFI dans la montée de la violence politique ». Parler de surprise serait exagéré, mais il faut reconnaître que les socio-dems ont une extraordinaire capacité à se surpasser, ou plutôt à s’abaisser jusqu’à un point où les plus naïfs d’entre nous espèrent toujours qu’ils ne vont pas s’y crasher, qu’ils ne seront pas assez stupides pour… Ah beh si, pourtant. ¡Ay caramba ! Encore raté !
Choisis ton camp camarade !
Notre propos n’est bien sûr pas de défendre un parti politique (qui se défend bien tout seul), mais de rappeler quelques évidences :
– s’il n’y avait pas de fascistes ou assimilés, il n’y aurait pas d’anti-fa.
– si le pouvoir politique et policier faisait son boulot et s’occupait pour une fois de la vraie racaille ( 102 agressions à Lyon entre 2010 et 2025, dont 70% sont restées impunies), des jeunes n’auraient pas à organiser par eux-mêmes l’auto-défense des gens ordinaires qui ont le malheur de ne pas avoir les yeux assez bleus ou d’afficher trop leurs idées ou leurs amours.
– la première violence vient toujours de l’extrême droite et elle n’est pas accidentelle : elle fait partie intégrante de son projet politique. Et elle est immensément majoritaire alors que celle de l’extrême gauche n’est au pire que résiduelle et n’existe que dans les fantasmes de ceux qui veulent banaliser l’extrême droite ( ça fait bien longtemps que la propagande par le fait a été abandonnée !).
– on ne pleure pas les nazis et on ne fait pas une minute de silence dans quelque lieu que ce soit, et encore moins dans un lieu supposé être le cadre de la démocratie représentative (pas que nous nous prosternions devant elle, mais ça vaut quand même mieux qu’un nouveau Reich), quand l’un d’entre eux meurt suite à ses propres conneries. Surtout quand on sait que c’est précisément ce type de lieu qu’il méprise (pas pour les mêmes raisons que nous) et qu’il aurait bien aimé faire cramer, comme au bon vieux temps.
– quand la social-démocratie, par de sordides calculs politiciens, jette la gauche un peu plus radicale en pâture à l’extrême droite en espérant se débarrasser ainsi d’elle, quand elle reprend de ce fait les thèmes et les récits de cette extrême droite, elle finit toujours par être balayée et emportée par la vague qu’elle a contribué à faire monter. On s’en foutrait bien à la limite que les Hollande, Glucksman, Faure, Plenel, Jadot, Valls, Attal, Vallaud, et consorts (ah que la liste est longue !) aillent bouffer le plancton par les cils natatoires, ah oui, on s’en tamponnerait allègrement le coquillard, mais le hic, c’est qu’ils vont emporter notre camp et notre classe avec eux.
Fais-moi mal, Johnny, Johnny, Johnny
Quant à la complainte reprise en chœur par toutes ces belles âmes se lamentant sur la violence des discours de LFI et sur la « brutalisation » de la vie politique, outre le fait qu’elle est d’une hypocrisie sans nom, elle n’a finalement pour but que de faire oublier la première violence, celle que ces beaux messieurs (surtout Hollande, qu’est-ce qu’il a belle allure !) et ces belles dames (surtout Braun-Pivet, qu’est-ce qu’elle est raffinée !) exercent sur nous depuis des années : une loi El Khomri qui détricote le code du travail, quatre années en plus de vie perdues au boulot, des retraites qui baissent, des sdf plus nombreux chaque année, des services publics démantelés, la France championne d’Europe des accidents du travail et des morts au travail. C’est pas violent tout ça ?
Pas violent non plus le refus de l’état de classer le site d’Arcelor-Mittal à Fos-sur-Mer comme site amianté le 17 novembre dernier alors que cela aurait permis aux salariés de bénéficier d’une cessation anticipée d’activité au titre des travailleurs de l’amiante, quand 600 d’entre eux font déjà l’objet d’un suivi médical renforcé et que 100 nouveaux cas d’exposition ont été identifiées entre 2024 et 2025 ?
Pas violente du tout, hein, la suppression des allocations logement pour les étudiants « extra-communautaires » (pour les noirs et les arabes aurait été plus franc du collier) ?
Que de douceur aussi dans les nassages et matraquages des manifestants contre la loi-travail ! Et plus encore dans la répression contre les gilets jaunes (pour rappel : plus de 2400 blessés, dont une centaine gravement, 23 éborgnés et 5 amputés, sans parler de la mort de Zineb Redouane, et à ce jour aucune condamnation effective des membres des forces de « l’ordre » impliqués)
Que de douceur dans les quads, les tirs tendus, les lacrymos de Sainte-Soline. Que de bienveillance dans les ordres et les commentaires des gendarmes mobiles !
Personne n’a oublié comment Nahel fut stoppé avec douceur car de même qu’il n’y a pas de violences policières, de même, la police ne tue pas. En tout cas, c’est ce que nous rabâche une certaine engeance politicarde. Et il n’y a aucune violence dans de tels propos. Ah beh non. Parce que ces gens-là ne veulent que notre bien.
C’est sûrement pour notre bien justement, que la bientôt ci-devant (en tout cas on espère) députée Caroline Yadan nous a concocté une petite gâterie de loi assimilant antisionisme et antisémitisme, loi que la majorité de cette si belle assemblée s’empressera de voter quand elle sera remise à l’ordre du jour (en avril probablement). Allez, profitons-en tant qu’on le peut et répétons que la solution à deux états n’est qu’un leurre qui, de toute manière, a été rendu impossible, que nous rêvons d’un seul état, de la rivière à la mer, où coexisteraient pacifiquement, confraternellement et harmonieusement Juifs et Palestiniens devenus des citoyens bénéficiant de droits égaux. Par contre, étant d’un naturel accommodant, nous ne nous prononcerons pas sur l’idée d’une Riviera à Gaza. Ouille ouille, que tout ça doit être violemment antisémite !
Mais arrêtons le florilège des sucreries ici, de peur de finir par vomir.
Et ton « inversion des discours », tu sais où tu peux te la mettre ?
Et donc les voilà tous à disserter doctement sur l’inversion des récits ou les dénis dont feraient preuve les fifi, alors que l’inversion vient d’eux, et que ce n’est pas une inversion des récits, mais une inversion de la réalité elle-même : ce ne sont pas les discours qui dénoncent la réalité qui sont violents, c’est la réalité ainsi dévoilée par ces discours qui est violente. C’est bien cette réalité qu’ils ne veulent surtout pas voir mise à nue. D’où le déchaînement actuel : si jamais les belles paroles, bien policées, bien euphémisées, bien fleuries, étaient bousculées et mises en question au point que la réalité qu’elles falsifient apparaisse dans toute sa crudité et devienne effectivement insupportable pour la majorité d’entre nous et qu’on ne puisse plus s’en accommoder (et dieu sait qu’on en prend de la camomille et du Prozac, sans compter notre dose quotidienne de Netflix et de spectacle) , alors mon Dieu, ma Doué benniget (putain de bordel de merde, on avait dit pas de bondieuseries), peut-être bien qu’un truc horrible pourrait se passer ! De là à parler de révolution, allez savoir, vous…
Pour reprendre un vieux barbu (encore un frère musulman sans doute, Cnews le prétend en tout cas), le vrai, l’immense, l’impardonnable tort de ces discours brutaux et violents, c’est qu’en exigeant « qu’il soit renoncé aux illusions concernant notre propre situation » ils exigent par là même « qu’il soit renoncé à une situation qui a besoin d’illusions ».
Rideau !
On vous aurait bien parlé de la seconde véritable violence, celle qui nous est faite quand la première, celle qu’ils nous infligent tous les jours, est niée et enrobée sous ces discours mielleux et remplis de componction nous parlant de bien-être au travail, de bienveillance, d’inclusivité, de travail collaboratif, etc… Celle-là même qui résulte de l’intériorisation de la première à laquelle on est poussé du fait de cette négation, ou parce qu’on veut pas passer pour le gros rageux de service si jamais on l’ouvrait un peu, celle qui vous donne a minima une grosse poussée d’urticaire, une grosse fatigue ou une sérieuse envie de prendre un arrêt de travail. Celle qui nous fait vous donner ce conseil plein de bon sens : gueulez un bon coup et ça ira mieux !
On vous aurait bien aussi parlé de la guerre, de 168 élèves assassinées par les bombes américaines, du peuple iranien massacré par le régime des mollahs et dont Trump se fout éperdument, de Gaza et de la Cisjordanie, du Liban qui n’en finit pas d’être fracassé par l’armée israélienne, des violations répétées du droit international par les nazillons américains et les autres ( ça serait quand même pas juste qu’il n’y en ait que chez nous), de l’attitude de notre glorieux chef des armées, Macron for sure, etc….

Mais la lassitude nous prend, le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle , la terre se change en cachot humide, eton a comme un drapeau noir planté sur le crâne(sans parler de ce qui grouille au fond de notre cerveau).
La suite donc au prochain numéro .
Mais en attendant et pour finir sur une note primesautière, voici venu le temps des rires et des chants, le temps donc de notre nouveau jeu-concours : le lecteur qui trouve le nom du frère musulman ( c’est confirmé de source vaguement sûre) mentionné plus haut aura droit à un cadeau bonus, une fleur vivante par exemple, présage de ce printemps qui n’en finit plus de se faire désirer.